Après un petit jeu pour les plus jeunes, je vous propose aujourd’hui deux supports qui évoquent la même aventure « La Cité des abeilles ». J’ai vu, il y a quelques mois, un documentaire sur le sujet, tourné en 2008, qui racontait l’histoire de ce projet de 100 maisons construites dans les années 1950 à Quimper. Quelques jours après, je découvrais que la bibliothèque de mon lieu de vacances possédait une bande dessinée sur le même sujet. J’ai pu lire l’ouvrage seulement en juillet, et découvrir que les deux supports sont en réalité complémentaires.
La Cité des
abeilles est un projet qui s’inscrit dans les réponses très variées apportées
au problème du mal-logement suite à la Seconde Guerre mondiale, alors que
certaines villes se reconstruisent, que la population connaît le baby-boom et
que les attentes en matière d’hygiène et de confort évoluent. Au-delà de
certaines lois, ce sont aussi des dizaines de projets originaux qui naissent
dans toute la France. Ainsi croît le système des Castors : des groupes
d’habitants achètent un terrain et construisent ensemble un certain nombre de
maisons par leurs propres moyens pour que chaque famille participante puisse
enfin se loger décemment. La plupart des participants ne sont pas issus du
milieu de la construction et font cela en plus de leur métier. Le tout repose
donc sur une coopération ordonnée et efficace.
L’histoire de la
Cité des abeilles est l'un de ces projets : 100 familles se réunissent,
l’association achète le terrain et se lance dans la construction de maisons
individuelles. L’objectif pour beaucoup, qui vivent dans une ou deux pièces
insalubres : avoir une maison avec l'eau courante, un jardin et où chaque
membre de la famille aura sa chambre.
Le reportage a été tourné, en 2008, par Marion Boé, petite-fille d’un des 100 couples à l’origine de la Cité des abeilles. C’est une belle alliance entre témoignages à l’aube du XXIe siècle et documents d’archives. On découvre à la fois le parcours du projet, mais aussi le devenir des maisons avec un certain recul de la part des participants encore en vie ou de leurs enfants, premiers petits habitants du quartier. Le film n’idéalise pas la démarche : les anciens des Abeilles conviennent qu’un tel projet ne serait pas faisable aujourd’hui, par exemple, mais ils ne masquent pas tous les aspects conflictuels qui ont pu exister ou les inquiétudes et les doutes.
C’est en lisant 100 maisons que vous plongerez au plus
près des individus, des tensions et des drames. Le point de vue est différent,
bien que Marion Boé soit encore dans l’équipe qui a accouché de cette jolie
bande dessinée en noir et blanc. Le trait du dessinateur n’est pas celui qui me
plaît le plus, mais c’est une affaire de goût. Le déroulé est facile à suivre :
il se promène entre le monde des hommes sur le chantier des Abeilles, les
femmes qui adaptent leur vie et les tensions enfantines, miroir du monde des
adultes. On y voit aussi plus le rôle des acteurs extérieurs au projet, préfet
ou ouvriers volontaires supplémentaires qui n’apparaissaient pas dans le
reportage.
Pourquoi j’en
viens à parler de ces deux supports dans le cadre du blog ?
-
La BD pour mes 3es, qui complétera le tableau
qu’ils doivent se faire de la France de l’après-guerre, des modalités de la
croissance et des enjeux (Thème 3).
-
Le reportage et la BD pour mes élèves de Bac,
qui trouveront ainsi des exemples intéressants pour comprendre l’évolution
économique et démographique du pays.
-
Pour mes élèves de généalogie, si des aïeux ont
participé à un projet de construction en coopération, même dans une autre
région, il est intéressant de plonger dans le quotidien d’un tel projet.
Je vous souhaite
un bon visionnage et une bonne lecture, et lors d’une prochaine visite à
Quimper, j’ajouterai des photos de la cité aujourd’hui.
À bientôt


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