Après une longue série d’articles consacrés à la Première Guerre mondiale aussi bien pour les généalogistes que pour mes élèves du secondaire, nous changeons aujourd’hui avec un roman de littérature jeunesse qui complète le programme de 4e, mais qui est accessible dès la fin du primaire pour les bons lecteurs : Quand la comtesse de Ségur vit brûler Moscou de Lorris Murail. Edité par Scrineo dans sa collection « Il était un jour », il a été publié en 2015 et est toujours imprimé à l’heure où j’écris cet article. Revenons-en au contenu, que vient faire notre comtesse de Ségur à Moscou ?
Peut-être
avez lu, comme moi, la trilogie consacrée à Sophie de Réan, qu’on suit de sa
turbulente enfance jusqu’à son adolescence dont le premier tome est le plus
connu Les malheurs de Sophie. Mon œil
est donc resté accroché à ce titre qui mentionnait la comtesse de Ségur. Lorris
Murail raconte, à la première personne, les souvenirs de Sophie Rostopchine
quant au grand incendie de Moscou qui précède la Berezina. En effet, notre
grand-mère de la littérature est la fille de l’homme qui aurait ordonné de
brûler la ville russe pour ne rien laisser à Napoléon. Fiodor Rostopchine était
alors gouverneur de la ville. Sophie, adolescente de treize ans, vit l’évacuation
de Moscou, les jours de doute et d’attente des Russes. C’est le point de vue
qu’adopte Lorris Murail pour raconter cet événement des guerres napoléoniennes.
Sophie et sa sœur rencontrent donc les hommes jetés sur les routes par la
guerre, y compris des soldats français. Elles peuvent communiquer avec eux
puisque, comme tous les jeunes russes aisés, le français est une langue apprise
dès la tendre enfance.
Le roman porte à la fois sur un fait historique mais aussi sur le travail d’écrivain, puisque nous comprenons les choix de thèmes et les éléments autobiographiques que la comtesse de Ségur a glissé dans ses œuvres. Le livre est facile à lire, assez rapide mais offre un point de vue original dans la littérature jeunesse sur la période napoléonienne même si c’est un épisode très court. On apprécie le mini dossier documentaire et l’ajout d’un texte historique assez exceptionnel : Mes mémoires en 10 minutes rédigées par Fiodor Rostopchine. Vous y percevrez toute l’originalité du personnage.
Une
petite référence, certains jeunes trouveront peut-être que ça manque un peu
d’action, mais c’est une lecture intéressante à partager avec vos adolescents,
surtout quand ils travaillent sur les guerres de Napoléon. Il peut se lire en
lecture partagée avec vos enfants en CM2.
Je
vous retrouve bientôt aussi bien du côté de la généalogie que des
scolaires.


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