Aujourd’hui un petit article, assez court, pour vous recommander une lecture qui pourra intéresser aussi bien les adultes que les élèves de 3e et de bac. Il pose aussi les questions du rapport à l’histoire familiale pour mes lecteurs amateurs de généalogie. Direction l’Algérie avec un descendant de pied-noir cheminant sur les traces de sa famille avec la bande-dessinée : Petit-fils d'Algérie de Joël Alessandra. L’auteur est né en 1967, il a hérité uniquement de souvenirs des générations précédentes, amères d’avoir quitté la terre où elles étaient nées et avaient grandi. En 2013, il part découvrir, avec un peu d’appréhension Constantine, se demandant quel rôle a pu tenir sa famille dans la guerre ?
Ce roman graphique est avant
tout un récit d’un cheminement, presque un pèlerinage de Joël Alessandra qui se
rend en Algérie, où sa famille a vécu plusieurs générations avant de quitter le
pays en 1962. Les Allessandra sont issus
des rangs d’immigrés italiens venus tenter leur chance en Algérie française.
Devenus maçons, puis constructeurs de nombreux bâtiments majeurs de la ville de
Constantine, leur nom trouve rapidement un écho dans la rue d’aujourd’hui quand
Joël interroge. Il rencontre les témoins, les murs aussi qui ont été dessinés
et élevés par ses aïeux. Le livre propose donc un meli-melo d’histoire
familiale, locale ou légendaire. S’entrecroisent les figures réelles restées
dans la mémoire comme Enrico Macias et les mythes locaux. En arrière-plan, l’auteur
évoque aussi le devenir de l’Algérie et l’instabilité du pays, la peur qui
règne. Il va plus loin que la période d’occupation française, bien avant mais
bien après aussi. Il dessine donc un patchwork d’éléments historiques sur la
ville.
Intéressant le livre ne m’a pas
autant emballée que « L'Algérie c'est beau comme l'Amérique », une
autre BD sur le même thème et le cheminement des héritiers de l’histoire de pieds
noirs. Le livre de Joël Alessandra est intéressant pour son coté mosaïque
mémorielle mais manque un peu de questionnements, il ne creuse pas réellement
les récits, ne croise pas les sources, s’appuie presque entièrement sur son
seul guide local, une mémoire sans aucun doute. Il aurait sûrement été
enrichissant de savoir si l’auteur avait continué des recherches en rentrant
auprès d’autres membres de la famille, des cousins par exemple ? L’éditeur
ne fournit pas de cahier documentaire en fin d’ouvrage qui aurait été un bon
complément surtout que se trouve déjà une belle préface du Constantinois Benjamin
Stora, historien de son état.
Un ouvrage intéressant, au
dessin délicat, qui mérite le détour si le sujet vous intéresse et qui peut
tout à fait prendre sa place dans les lectures des élèves en terminale car il
complète le programme d’histoire.
Bonne lecture,
n’hésitez pas à recommander en commentaire des références sur le même
sujet.

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